RDC-Rwanda : la chute d’un récit fabriqué et la mise à nu d’une agression régionale (Par Éric Kamba Auteur, géostratège et analyste des dynamiques africaines)

Kinshasa, 18 décembre 2025 (ACP)- Pour la première fois, Washington abandonne toute prudence sémantique et reconnaît clairement l’implication directe du Rwanda dans le conflit, à travers son soutien actif aux groupes armés M23/AFC.

Un tournant décisif dans l’attitude des États-Unis

La récente prise de position de l’administration américaine marque une rupture profonde dans la compréhension internationale de la crise persistante à l’Est de la République démocratique du Congo.

Ce soutien prend plusieurs formes documentées :

   •   livraison d’armes et de munitions,

   •   encadrement logistique et opérationnel,

   •   participation de combattants rwandais sur le terrain,

   •   coordination et planification d’opérations militaires en territoire congolais.

Cette clarification met un terme à des années de zones grises diplomatiques et de récits complaisants qui ont permis au régime de Kigali de se présenter comme un acteur neutre, voire stabilisateur, alors qu’il est au cœur même de la mécanique de la guerre, de l’occupation et du pillage.

Des engagements diplomatiques ouvertement violés

Les offensives récentes du M23/AFC, notamment vers la ville stratégique d’Uvira, constituent une transgression flagrante des Accords de Washington, pourtant conclus dans le but de :

   •   réduire les tensions,

   •   garantir l’intégrité territoriale de la RDC,

   •   mettre fin à tout soutien étatique aux groupes armés.

En poursuivant ses opérations militaires indirectes aux côtés du M23, le Rwanda démontre que ces accords n’étaient qu’un instrument tactique : un moyen de gagner du temps, de redéployer ses forces et de poursuivre une entreprise militaire et économique illicite sous couvert de négociations.

La demande explicite des États-Unis exigeant le retrait immédiat des forces rwandaises et de leurs alliés de l’Est du Congo confirme que cette duplicité ne peut désormais plus être tolérée ni dissimulée.

La déconstruction du mythe de la “guerre interne congolaise”

Pendant longtemps, un discours réducteur et dangereux a dominé les cercles diplomatiques : « Les Congolais s’entretuent entre eux. »

Ce narratif s’effondre aujourd’hui sous le poids des faits.

Nombre de groupes armés présentés comme “congolais” sont en réalité :

   •   créés de toutes pièces,

   •   infiltrés et manipulés,

   •   ou utilisés comme relais locaux d’une stratégie rwandaise clairement identifiable.

La réalité du conflit est limpide :

   •   d’un côté, un État souverain agressé, la RDC ;

   •   de l’autre, un État agresseur, le Rwanda, qui instrumentalise des acteurs locaux pour masquer une guerre d’occupation et de prédation économique.

Mise en garde nationale : refuser la dilution de la responsabilité

Une vigilance particulière s’impose aujourd’hui aux autorités congolaises.

Les erreurs stratégiques du passé ne doivent plus être reproduites, notamment :

   •   la minimisation du rôle de Kigali,

   •   la dépolitisation des crimes commis,

   •   la normalisation diplomatique d’un régime prédateur,

   •   et la transformation d’une agression étrangère en conflit interne.

Il est désormais crucial de :

   •   désigner clairement l’agresseur,

   •   démanteler les réseaux d’infiltration au sein des institutions,

   •   empêcher toute tentative de relativisation de la responsabilité rwandaise,

   •   préserver la vérité historique et juridique du conflit.

Altérer à nouveau le récit reviendrait à trahir les victimes, à légitimer l’impunité et à préparer les violences de demain.

Justice internationale et responsabilité pénale

Les éléments aujourd’hui établis ouvrent une voie incontournable : celle de la justice.

Ils fondent légitimement :

   •   la mise en cause pénale internationale du régime rwandais,

   •   la poursuite de Paul Kagame et de ses collaborateurs pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et pillage organisé,

   •   la reconnaissance des droits des victimes congolaises,

   •   et l’exigence de réparations.

L’ignorance ne peut plus être invoquée.

Les preuves s’accumulent.

Les témoignages émergent.

Les États commencent à parler sans détour.

Conclusion : la vérité sort enfin de l’ombre

La position désormais assumée des États-Unis constitue une étape déterminante dans la quête de vérité et de justice pour le peuple congolais.

Désormais, il est établi que :

   •   la responsabilité du Rwanda est clairement engagée,

   •   le voile diplomatique est levé,

   •   et l’Histoire retiendra que la guerre à l’Est de la RDC est une guerre imposée de l’extérieur.

L’ère de l’impunité s’achève.

Celle de la vérité commence.

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